CARNET DE VOYAGE EN R.D.C. .

Les membres de la délégation :

 


Madeleine Prodhomme

Sandrine Letourneur

Père Hippolyte Biduaya

Yvon Guilloux.

A travers cet article préparé par les membres de la délégation, nous vous proposons de découvrir leurs expériences, leurs rencontres et échanges avec le peuple Congolais et tous ceux qui participent et font vivre l'Institut Saint Pierre de Tubulucu. ( lien photos Voyage en R.D.C. décembre 2009. Voyage en R.D.C. décembre 2009. )


-Vendredi 27 novembre 2009.

 

Nous nous rendons tous les quatre au rendez-vous avec la journaliste de Ouest-France et Gazette de la Manche. Chacun de nous fait part de ses sentiments, de ses objectifs pour ce grand voyage que nous sommes en train de préparer.

En soirée nous nous retrouvons en crêperie à Dol avec tous les membres du Conseil d’administration. A l’issue de cette soirée bien conviviale et détendue nous nous faisons des au revoirs émouvants et bénéfiques Ils sont bons pour le moral des membres de la délégation.

 


-Samedi 28 novembre 2009 00 préparation des bagages.

 

Nous procédons à la revue de détails des différents dons et nous tenons à remercier les généreux donateurs. En complément de nos respectifs sacs de cabine (12 kilos) nous préparons pour chacun deux sacs de 23 kilos qui seront placés en soute. Les tissus boutons fils patrons puis les graines les manuels scolaires et le nécessaire pour capturer des insectes afin de commencer une collection,  sont bien répartis dans nos  valises. Au final il nous faut huit valises pour tout emporter.



-Mardi 1erdécembre 2009

 

Au départ de chez les Guilloux vers quatre heures trente nous avons bien du mal à caser tout ce barda dans la pourtant grande voiture des parents de Sandrine.

Nous nous retrouvons tous à cinq heures trente à l’aéroport de Rennes-St Jacques. Tous nos bagages transportés en soute s’enregistrent.

Au revoir aux parents Letourneur et à Jean Prodhomme qui sont venus nous conduire ici. Nos bagages à main nos papiers et nous même sont contrôlés. Au cours des diverses étapes de notre voyage nous avons dû nous séparer d’objets « non admis » en cabine.01 aeroport

6 heures 45 nous décollons en direction de Paris. Le ciel dégagé dans cette nuit nous permet le plaisir visuel des illuminations des grandes villes vues d’en haut : En France l’approvisionnement en électricité  est largement suffisant ! Qu’en sera-t-il en République Démocratique du Congo ? Au cours de cette heure de vol un bon petit déjeuner nous est servi. Nous atterrissons à Roissy à 8 heures.
Nos sacs nos papiers et nous-même faisons l’objet de nouveaux contrôles. Nous commençons à apprendre ce qu’est prendre son temps: nous profitons du joli soleil  de l’Est qui vient jusqu’à nous au travers des grandes baies vitrées de ce grand aérogare, nous passons du bon temps ensemble, nous nous détendons, échangeons, regardons les journaux donnés au départ de Rennes.. apprécions beaucoup les bons gâteaux distribués par Mado… Au final nous ne percevons pas du tout ces deux heures : il est dix heures et dix minutes et nous sommes invités à embarquer  à bord de ce superbe Airbus A 320 de Air-France : Quel espace !! Quel beauté de cet intérieur ! . Nous décollons à dix heures cinquante minutes et chacun de nous trois est impressionné  par cette opération décollage.. et puis aussi nous nous disons, et là le regard des uns vers les autres de nous quatre suffit, ça y est nous volons vers la grande rencontre de nos chers amis qui sont là bas. Beaucoup d’émotion.

Le système GPS à bord permet à chacun d’accéder à beaucoup d’informations. La direction est plein sud à 11000 mètres. La vitesse est de 950 kms/h. La température est de (–)54 degré Celsius…  Montpellier, la méditerranée, Constantine à 13 heures... Le temps très clair nous permet de percevoir les sables à perte de vue..  Nous prenons le déjeuner. Les villes, les pays défilent sur ce GPS  et le sable se perçoit toujours par le hublot Tamanrasset le lac Tchad qui se dessèche N’djaména Agades Douala Bangui… Une petite boisson nous est proposée vers les 17 heures. Les gens s’animent un peu plus car des secousses se font sentir. On nous demande de remplir des documents immigration pour les douanes de tout à l’heure. On nous annonce le début de la descente. La nuit s’installe, l’atterrissage se prépare… Etonnant, surprenant : nous ne percevons presque pas d’éclairage par rapport à  ce matin au dessus de Rennes et Paris. Nous sommes sur le sol de l’Afrique à Kinshasa. Dès l’arrivée à l’aérogare en bus depuis l’avion, ORANGE nous salue et donne des informations afin de pouvoir communiquer avec la France. Lors du passage obligé au service de l’Immigration, divers papiers dont passeport carnets de vaccination sont contrôlés. Il nous faut patienter environ deux heures afin de récupérer nos bagages. Hippolyte et Yvon surveillent l’arrivée de ces bagages avec beaucoup de jeunes porteurs qui aident dans l’espoir d’une rémunération. Le père Pierre Tshibangu ami de Hippolyte nous attend sur le parking. Nous tassons nos bagages et nous ne savons pas encore comment on a pu fermer les portes du 4X4 de Pierre puis nous avons le redoutable honneur d’être salué par les militaires à la sortie.

Nous prenons la route vers Kimwenza qui se situe à 40 kms de Kinshasa. Les gens sont partout et le véhicule slalome entre les gens tout en considérant les gros trous sur cette route qui est dans la pénombre. Seules quelques lampes à huile ou petits néons qui seraient alimentés par un petit groupe électrogène ou un panneau solaire éclairent des petits magasins situés de part et d’autre de la route. Avant d’arriver chez les religieuses CLARETAINES le véhicule s’engage sur une route qui devient un chemin creux : ce sol semble principalement constitué de sable rougeoyant.   Voici un premier aperçu de la grande pauvreté et d’une manifeste absence d’action des autorités.

La sentinelle de cet espace religieux clos par des grands murs nous accueille. Nos valises en main, nous sommes très chaleureusement accueillis par la sœur Nestorine et Clémentine responsables des lieux. Tout ce lieu de vie nous semble bien agréable. L’ensemble des bâtiment est également  entretenu et nos chambres sont très bien équipées et confortables. Il est bien vers les 22 heures lors que nous nous mettons à table avec plaisir. Ce repas pris en compagnie des deux sœurs est bien bon. Nous buvons de l’eau bouillie et filtrée et puis aussi une bonne bière.

 


-Mercredi 02 décembre 2009

 

Toute cette matinée est très orageuse et pluvieuse. Notre programme établi la veille est perturbé. Nous ne disposons pas d’assez de temps pour aller à l’Ambassade de France afin de signaler notre présence sur ce sol congolais. Nous continuons à apprendre à prendre le temps. Une conversation animée s’établi entre nous tous et le Père Pierre autour de nos premières impressions de ce pays. Mado aborde des réflexions racistes qu’elle entend trop souvent.

Pierre parle de cette « Afrique qui se refuse à Elle-même alors qu’elle est le berceau de l’Humanité»

Entre deux averses nous découvrons cette communauté de formation de religieuses. Ces religieuses nous présentent leurs élevages de volailles (250 œufs sont vendus chaque semaine) et de lapins  qu’elles commercialisent en ville. Nous apprenons à reconnaître les différents légumes et arbres qui sont bien de ce terroir :ananas, palmiers, cocotiers, manguiers, avocatiers, manioc, amarantes…

Dés ce début d’après midi nous nous rendons à la Compagnie Aérienne Africaine et y faisons enregistrer nos quatre valises, contenant principalement des kilogrammes de dons destinés à l’école St Pierre,  en « fret » qui arriveront à Kananga une semaine après nous à un coût de transport plus réduit. Dés notre arrivée à ce dépôt de bagages, une foule de jeunes accourent et tournent tout autour de notre véhicule pour s’emparer des valises afin d’être rémunérés par un billet : spectacle attristant !

 Après être allé faire un tour à la procure Ste Anne, ou l’on a compensé les pertes liées à la transpiration, nous rentrons dans un super marcher très européen puisque les prix sont indiqués en euro. Le brie de Laval, le Cœur de Lion de Normandie des poulets près à cuire  contre filet à 13.564 francs congolais (920 francs congolais = 1 dollar = 70centimes d’euros) brochettes de bœufs à 14.705 francs congolais brochette de porcs à 10.838 francs congolais une bouteille de Saumur blanc à 9.199 francs congolais…. Nous remarquons très rapidement que ce sont des européens ou américains qui viennent s’y approvisionner.

Nous contactons une dame assise sur une petite chaise sur le bord du trottoir munie d’un gros sac… rempli de billets. Nous échangeons avec elle 100 euros pour 126.000 francs congolais. Cela fait 868 Francs congolais au lieu de 920.. Souhaitons lui, à cette cambiste, que ce soit son bénéfice ! Nous n’avions jamais vu autant de billets : il y en avait plein sur notre table de camping ! Voilà trois ou quatre ans seulement 500 ou 600 francs congolais suffisaient pour un dollar.

Vers les 17 heures 45 nous rentrons. Nous traversons parfois des voies ferrées non utilisées simplement parce que pas entretenues. Sur cette route du retour chez les religieuses de Kimwenza nous remarquons un spectacle hallucinant : un train qui s’en va parallèlement à nous est complètement bourré de jeunes qui s’accrochent partout à l’extérieur entre et même dessus les wagons. Nous n’en croyons pas nos yeux. En conséquence  des importants ralentissements un jeune, qui n’appréciait pas les prises de photos de Mado par la vitre ouverte, a failli lui arracher son appareil et son sac personnel. Elle a « uché » fort. Cette alerte nous servira de leçon : les gens n’aiment pas être pris en photos.

 


-Jeudi 03 décembre 2009

 

Nous nous levons à 3 heures 40 et quittons ce bien agréable espace de Kimwenza dans lequel nous sommes très bien accueillis. A 4 heures 50 Pierre nous conduit vers l’aéroport de Kinshasa : nous embarquerons pour la destination de Kananga. La ville s’éveillent les gens marchent à pied. Les transports en commun commencent à circuler. Nous devons décoller à 8 heures, il n’y a donc pas de temps à perdre car nos billets d’avion sont à enregistrer et nos bagages doivent être contrôlés. Ce n’était 02 paysage congolais vu d'avion.vraiment pas la peine de se presser : nous décollerons à dix heures .L’altitude de cinq milles mètres en ce temps très clair nous permet d’apprécier ce grand espace de verdure. Nous remarquons beaucoup de forêts mais aussi énormément de plateaux qui nous semblent très cultivables. Nous repérons aussi beaucoup de cours d’eau rivières et ruisseaux… Nos premières impressions sont plutôt positives  quant au potentiel agricole de ce pays, de ce joli paysage du Kasaï Occidental, de cette belle région de Kananga.


Notre DAKOTA 50 atterrit à TSHIKAPA  petite bourgade de 2000 habitants peut-être. Nous apprenons que ce sous sol est riche en diamants. Nous sommes encore à 300 kms de Kananga.  Une durée de une heure 30 passe dans cet espace rural calme ou tout le monde se connaît.. même Hippolyte qui retrouve quelqu’un connu du temps de l’école. Des contacts divers,  variés, non moins agréables s’établissent et pendant ce temps là, nous continuons d’apprendre à prendre le temps très facilement… alors qu’une délégation avec Madame Scholastique, directrice de l’école nous attend à l’aéroport depuis 9 heures. Hé bien oui le vol devait durer un heure environ. Nous réajustons nos montres de une heure mais je ne sais plus dans quel sens. Nous survolons bientôt l’espace de Kananga que nous découvrons avec beaucoup d’émotion et de bonheur : nous sommes tous accrochés à nos respectifs hublots en phase descente avant d’atterrir vers les 15 heures. Nos premiers contacts avec les membres de la délégation de l’école sont très forts  et émouvants.

A la sortie de l’aéroport nous remarquons qu’un simple camion à cailloux sert « de transport en commun ». Dans les cinq minutes suivantes nous sommes accueillis chez les CARMES par le Frère André dans un espace, là aussi, très agréable, avec des pelouses bien arborées et fleuries. Chacun de nous s’installe dans sa « case » très confortable. Le groupe électrogène produit du courant entre 19 et 22 heures. Des panneaux solaires prennent le relais et  alimentent des petits néons de 50 cm  installés dans chaque chambre.

Hippolyte nous conduit dans sa maison natale. Nous sommes accueillis par ses petits neveux et puis aussi par son cher père. Nous sommes tous bien heureux de vivre toutes ces retrouvailles familiales. En nous rendant chez Scholastique pour dîner, nous remarquons ce paysage bien verdoyant. La vie nous semble plus calme et plus apaisée qu’a Kinshasa mais la pauvreté y est aussi dure.


 

-Vendredi 04 décembre 2009

 

Tôt  ce matin, Hippolyte nous informe que beaucoup de gens ont dormis cette nuit sur le site de l’école afin d’être bien présents pour nous accueillir à notre arrivée sur le site de l’école St Pierre .Nous en sommes bien surpris.. redoutable honneur pour nous !  Nous découvrons ensemble ce site de l’école et toute cette foule qui nous accueille d’une manière assez extraordinaire. Effectivement, vu leur comportements envers nous, c’est bien nous, tous les quatre les invités d’honneur. Une cérémonie officielle s’organise pour nous. Nous pouvons témoigner de cette magie propre au folklore africain : Rituel avec le poulet, célébration de la messe animée par une super chorale, chants, danses, grand spectacle coloré, animé rythmé en présence de personnalités officiels de la Province du Kasaï Occidental de l’Education et de la Culture, et du Chef de Village.03 façade de l'institut

04 célébration d'accueil.Madame Scholastique , les profs les parents et beaucoup d’invité sont revêtus de leur très jolies tenues africaines.

Au cours de cet après- midi  un gros orage provoqué par des « mauvais esprits » est calmé par des ferventes implorations aux Dieux.

En soirée nous rentrons en véhicule en suivant les ornières et en passant dans les grandes flaques d’eau alors que tous ces gens rentrent à pied…

 


-Samedi 05 décembre 2009


A la suite du petit déjeuner, nous découvrons ce grand espace enclot de la Congrégation des CARMES : le potager, les fleurs et les plantations typiquement africaines ainsi que les élevages de porcs et de volailles. Au cours de cette matinée, Yvon entend cogner sur du bois.

Il passe cet enclos et découvre deux personnes qui coupent un tronc d’acacias  de 30 à 40 cm de diamètre en bouts de 1,5 ml. Au cours de la discussion il apprend que l’objectif est de transformer ce bois en charbon de bois qui est la principale source d’énergie. Ceci entraîne une forte déforestation  puisque des jeunes arbres ne sont pas replantés. 23 transformation du bois en charbon.Quel travail fastidieux puisqu’ils utilisent la hache. Ils ne disposent même pas de scie à tirer par deux personnes.

Pendant qu’ils se reposent un peu Yvon continue cette taille avec leur hache et ils sont bien surpris qu’un « blanc » sache faire ce bouleau.

Nous déjeunons chez le papa de Hippolyte. Nous trinquons avec, aussi, beaucoup de membres de la famille et nous vivons tous un bon moment de retrouvaille familiale. Le menu préparé est très varié, complet et…un peu intrigant : en effet ,nous avons goutté en même temps que les foufou, amarante, riz, bœuf, anchois séchés.. des chenilles qui sont préparées et  frites dans l’huile de palme. Cette intrigue se termine très bien puisque nous les avons appréciées.

Au cours de cet après midi  nous tenons à contacter nos respectifs amis et membres de   famille. Nous réussissons finalement à trouver un espace internet  à l’Institut Supérieur Pédagogique. Nous rencontrons un responsable pédagogique prénommé Joseph, ami d’enfance de Hippolyte. Ce Monsieur part en France pendant quelques semaines et met à notre disposition sa voiture et son chauffeur. Merci aussi à son chauffeur qui se prénomme également Joseph.

Madame Scholastique offre à notre association un très joli tapis de raphia réalisé par une voisine tisserande. Mado et Sandrine sont ravies de leur cadeau fait main : il s’agit d’un très joli sac finement réalisé par cette même voisine que nous avons pu rencontrer quelques jours plus tard. Nous avons apprécié ses diverses démonstrations au sujet de son savoir-faire.

 


-Dimanche 06 décembre 2009


Nous nous rendons tous les quatre à la messe avec Madame Scholastique dans l’espace de la paroisse St Paul  de l’université catholique. La population présente est très distinguée et les quelques échanges à l’issue de cette cérémonie nous ont permis de remarquer chez eux une excellente maîtrise de la langue française. De très jolis vêtements étaient portés par cette population. Cette cérémonie est très bien animée par des chants et sans pour autant danser mais nous remarquons qu’ils vivent ces chants avec leur corps qui ondule. Nous sommes très calmes au cours de cet après midi. En soirée, nous nous promenons vers l’aéroport, nous prenons quelques photos du coucher de soleil. Nous vivons sur la route, parmi les gens qui « font le pied ».

 


-Lundi 07 décembre 2009


Nous déjeunons avec Monsieur  Horst Buchmann. Il est délégué du BICE pour l’Afrique. (Bureau International Catholique de l’Enfance). Le  20ème anniversaire des Droits de l'Enfance est célébré en 2009..Ce Monsieur, d'origine allemande, chargé de l'Afrique dans le domaine des contacts avec les responsables politiques nous a témoigné de faits, de visions se rapportant aux enfants soldats qui sont indicibles et non descriptibles!!!  au point de carrément se mettre en colère lors de ses contacts avec les "politiques" de ces pays. Il reste pourtant passionné, déterminé pour son action, bien sûr en équipe,  de réinsertion de tous ces ex enfants-soldats, enfants délaissés, enfants emprisonnés dans des conditions non disables ???aussi  pour, tenez-vous bien, le vol d'une boite d'allumette ou d'une chèvre... pendant que "l'on" déroule les tapis rouges sous les pieds  de plein de responsables, qui confondent, juste un peu, les notions  d'Autorité et de Pouvoir, histoire d'effectuer des détournements d'argents d'une manière plusplusplus. ???

Nous visitons l’établissement  de l’Alliance Franco-Congolaise accompagné de son président prénommé, lui aussi Joseph. Le but de cet établissement est de promouvoir la langue française. Il existe une activité école primaire et secondaire. Une bibliothèque et une salle cinéma sont à la disposition de tous ces jeunes.

Nous allons à la mairie au rendez-vous de Madame la Mairesse de la ville de Kananga. Sa nomination se fait par le gouvernement. En attendant des élections prévues en l’an 2011.

Lors de précédentes rencontres, Madame Scholastique s’est entretenue avec Madame la Mairesse pour lui présenter l’action de notre association sur le site de TUBULUKU. Nous sommes félicités pour toute notre action collective. Nous lui offrons un joli livre sur le Mt St Michel.

En soirée nous dînons en restaurant et, comme antérieurement depuis notre arrivée à Kananga, nous nous lavons les mains en y versant de l’eau au dessus d’une grande cuvette. Hé bien oui il n’y a pas d’eau au robinet dans tous les établissements de Kananga.

 


-Mardi 08 décembre 2009


En ce mardi matin, nous partons à pied de chez les CARMES vers l’école St Pierre alors qu’il est sept heures trente. La distance de 3 à 4 kilomètres est parcourue en une heure environ. Nous « faisons le pied »  parmi les adultes puis  les enfants et  les collégiens tous en tenue pantalon/jupe puis chemise/corsage. Chacun « faisant ce qu’il veut avec son luxe en dehors de l’école». Les hommes22 vélos chargés de charbon et manioc poussent leurs vélos extrêmement chargés souvent de charbon de bois vendu en ville. Les dames habillées de robes toujours très colorées et agréables à regarder portent sur la tête en ville le produit de leur cueillette du matin dans les champs : ananas, amarantes noix de cocotiers de palmiers, bananes, mangues, haricots arachides, manioc… 

Dans les environs de la moitié du parcours nous quittons cette route parsemée de gros trous et passons parmi les jardinets et les maisons d’habitation. Voilà une bonne occasion de rencontrer la population, les parents et leurs enfants qui ne vont pas à l ‘école. Ces personnes sont agréablement surprises de rencontrer ces trois blancs qui parlent facilement avec eux qui sont pauvrement habillés. Leur maison est construite en terre qui est mouillée puis malaxée et calibrée comme des parpaings. Ces murs reçoivent des chevrons, des grosses branches auxquelles sont accrochées des chaumes ramassées parmi les grandes herbes  tout près dans la brousse. Ces maisons tiennent deux ou trois ans selon l’importance des pluies et le degré d’infestation des termites.

Madame Scholastique nous apporte plein d’informations au sujet de la flore sauvage et des différents légumes remarqués dans les jardins le long de notre passage. Nous apprenons par exemple que les graines de pistache se trouvent dans des fruits qui ressemblent aux melons.

Nous rejoignons la piste de terre qui conduit à l’école St Pierre :  « le boulevard de l’école St Pierre » nous dit Madame Scholastique. Ce passage, trop étroit pour les véhicules  est élargi à la main avec des houes et des binettes par elle et d’autres mamans d’élèves.

Madame Scholastique et Monsieur Evariste responsable pédagogique instaurent Yvon « chef coutumier ». Il est ensuite présenté chef coutumier devant les profs et les jeunes et doit, en l’instant prendre la parole.

Nous participons à différents cours. Mado est présente à un cours de français tandis que Sandrine coupe et couture avec un groupe de filles puis révise son anglais alors que Yvon étudie la culture du millet.

Il est onze heures quarante cinq lorsque Hippolyte arrive pour nous donner ses dernières consignes et nous saluer rapidement avant de se rendre à l’aéroport… Finalement il décolle seulement à quinze heures !

Au cours de cet après midi  nous nous rendons au centre d'aide pour séropositifs ( médical-santé, aide psy, réinsertion professionnelle). A l'entrée de ce centre nous rencontrons une jeune maman 20 ans environ, séropositive et qui malgré tout voulait ce bébé qui a un an à peine. Il est maigriot. Est-il tjrs de ce monde? C'est juste un exemple, parmi plein d'autres qui, tout d'un coup ne me viennent pas à la tête, qui est  évocateur de leur état d'esprit  ou de leur non possibilités, très répandue de se projeter dans le futur donc de vivre au jour le jour.

Nous rencontrons un Monsieur prénommé Boris qui est administrateur financier de cet établissement. Le réseau internet ne fonctionnant pas  dans son établissement il nous conduit tout près dans l’établissement de la FAO et nous pouvons communiquer un peu avec nos famille et amis. 


 

-Mercredi 09 décembre 2009


Nous sommes rassurés par le message de Hippolyte : il est bien rentré en France.

Nous allons à l’école en voiture conduite par Joseph, Chauffeur d’un autre Joseph qui est coresponsable de l’Alliance18 cours de plantation Franco-Congolaise. Une école avec bibliothèque et salle de cinéma est gérée par cet établissement afin de cultiver l’intérêt de notre langue française.

Depuis l’école St Pierre, tous les trois avec les élèves et le prof d’agronomie nous allons dans une parcelle défrichée pour planter des palmiers. Ces palmiers sont en germoir depuis mai/juin dernier. (Rappel : 1600 noix de palmiers). Quelques tubercules de manioc sons déracinées et destinées pour notre repas de ce midi chez Scholastique.

 

Nous descendons vers la vallée et découvrons la pompe installée par la coopération militaire belge qui a 17 pompe à eaucreusé ce deuxième puits de 40 mètres de profondeur …et l’eau arrive en tournant la manivelle !!! Qu’elle est bien fraîche et bonne au goût. Cette eau est montée à la main, dans des bidons et seaux : distance de 300m environ. Pour l’instant, la mécanisation de la montée de cette eau jusqu’à l’école n’est pas leur priorité.

En remontant vers les murs de l’école, nous arrachons quelques plants d’arachide : les cacahouètes  ont le goût du travail bien fait par les planteurs. Un bel ananas est , d’un commun accord ,destiné pour notre dessert.06 remise des cadeaux.

Nous procédons à la remise des cadeaux : drapeau avec  le logo de notre association, puis des livres.

Nous rencontrons les profs et reprenons avec eux le contenu de notre courrier du CA 07 remise des ouvrages scolaires.envoyé   le 22 octobre dernier. Mado intervient avec beaucoup d’application et d’explications afin d’atténuer leur peur liées à la diminution de nos envois de dollars mensuels.

De retour chez Scholastique, nous participons à la préparation du repas (tubercules de manioc. . ananas..). La principale source d’énergie pour les besoins ménagers (cuisine +  lavage…) est le charbon de bois. Pour les 800.000 habitants de Kananga, le besoin est de 1500 ha de bois chaque année selon un Monsieur belge rencontré . Ce Monsieur travaille dans le cadre d’une ONG Environnement (reboisement) et  soin à la petite enfance.

Vers les 15 heures, nous revenons chez les Carmes car l’orage fait rage.. En soirée nous faisons le pied  et rencontrons  la population, surtout les enfants qui viennent facilement vers nous.


-Jeudi 10 décembre 2009

Notre première action est de changer notre billet pour le retour à Kinshasa, afin d’éviter une escale à Tshikapa  comme pour l’aller.

Nous récupérons au « fret » nos trois valises dans lesquelles en plus de nos affaires persos se trouvent d’autres dons pour l’école. L’inventaire se fera avec Scholastique lors du retour chez les CARMES.

Nous nous rendons ensuite chez un commerçant appelé BIDUAYA qui propose à la vente un formidable choix de pagnes pour réaliser des vêtements à la Congolaise. Scholastique nous aide merveilleusement bien pour négocier tous ces achats ainsi que la confection chez la couturière d’à côté.

Yvon marche un peu dans la rue et découvre des sacs de ciment à 32 dollars…mais avec  adjonction de sable selon Scholastique, attention à la fraude.

En rentrant vers chez les CARMES nous allons au marché. Nous n’osons pas prendre des photos. Nous découvrons plein de denrées alimentaires que nous ne connaissons pas. Nous n’avons pas les mêmes références en matière d’hygiène et de propreté. Très  peu de prix sont affichés Nous nous rendons compte qu’il faut toujours négocier très dur. Ceci serait aussi une marque d’intérêt portée au vendeur !   La promiscuité est grande, tout le monde nous regarde nous ne sommes  pas plus que çà à l’aise à tort car Scholastique nous dira plus tard  que la population était très contente de « rencontrer des blancs » qui ont fuit depuis plusieurs années suite à des rebellions et des exactions de banditisme.

Nous rencontrons le Monsieur belge à la sortie du marché, qui devait passer nous rencontrer chez les CARMES. Dommage que nous ne nous sommes pas revus !

Le soir, vers les 19 heures, le Frère  ANDRE nous appelle vite vite !! un essaim de fourmis volants virevoltent autour d’un néon alimenté par un panneau solaire… vite le seau, la pelle , avec les mains de Yvon pour les ramasser , eux les mangent. Yvon, Mado, Sandrine : NON !NON !  mais bien frits avec de l’huile de noix de palme : OUI !OUI !

 


-Vendredi 11 décembre 2009

 

Nous sommes chargés de plein de choses apportées de Bretagne et arrivées hier par fret puis nous avons un programme chargé : nous allons donc à l ‘école en voiture.

Pendant ce temps là.. Mado parle beaucoup avec les profs et Scholastique suite aux réactions de résistance et de désaccord par rapport à notre courrier du 22 octobre dernier.

En fin de matinée des profs descendent sur le chantier de défrichage. Ils sont vraiment très satisfaits de notre travail collectif..  « La force du groupe !!!.. » soulignent Sandrine et Yvon. Ces profs actionnent la pompe pour nous laver et nous rafraîchir et c’est extra !!

Yvon rencontre une femme qui prépare un chantier de charbon de bois et avec Mado puis Scholastique nous participons à la finition de son chantier et prenons note et photos de son savoir-faire et enfin elle allume le feu. Nous sommes contents de revenir lundi prochain  pour découvrir ce tas de ce qui sera devenu charbon de bois.

De retour sur le plateau , dans les murs de l’école, nous montrons aux profs nos apports issus de la collecte auprès de nos nombreux et généreux donateurs :

       Couture (tissus, fils, aiguilles, patrons…)

        Agriculture (les différentes graines, le livre de KOKOPELLI.

Les profs concernés sont sincèrement très satisfaits et pensent très prochainement et, dans le cadre des travaux pratiques avec les jeunes, réaliser progressivement les semis.

Lors de la fin du repas chez Scholastique, un ami de Scholastique apporte pour chacun de nous une statuette et un poème. Tout cela aussi, c’est le joli cadeau !!

En ce début d’après midi nous rencontrons une voisine de Scholastique qui nous montre comment elle travaille pour réaliser le joli tapis de raphia.

Au cours de cet après midi, nous traversons tout simplement et comme tout le monde les voies de chemin de fer en évitant des tas de déchets divers.. y compris de la ferraille, pour visiter la cathédrale, la procure puis l’Hôpital Général Provincial .Scholastique à su nous faire guider par un médecin dans les murs. Une partie, à ciel ouvert, est en complète réfection. Nous sommes allés dans l’espace « maternité » : nous sommes rentrés dans une grande salle de 15/20 lits et nous étions un peu mal à l’aise au premier abord. Nous sommes très bien accueillis par toutes ces mamans dont une venait d’accoucher de deux jumeaux le matin même.. Ambiance sombre,  beaucoup de promiscuité, du vieux matériel , des matelas cassés qui posent question sur le plan hygiène…En passant près de la salle d’opération, Yvon et Sandrine aperçoivent un tableau électrique duquel débordent plein de fils électriques.  On nous conduit ensuite dans un service d ‘enfants dénutris.. Nous n’avons qu’un mot : INACEPTABLE !!… Dans un tel pays si verdoyant.. qui n’attend  que la Volonté Collective des habitants de ce pays pour être cultivé..

  Que fait le Pouvoir pour susciter cette volonté collective et soutenir son peuple?..

Lors de notre départ, nous nous rendons compte qu’ils espèrent de nous une aide financière et nous les comprenons.     Dehors nous croisons un groupe de chanteurs et participons à la répétition de champs de NOEL. Nous pensons , tous les trois, que ce serait encore mieux s’ils, en plus de leur activité chant, ils se mobilisaient  dans le cadre d’une action humanitaire… juste à coté, à l’hôpital !!

-Samedi 12 décembre 2009

 

Le samedi matin, les jeunes ont de l’école jusqu’à 12 heures.11 les élèves en uniforme

Yvon continue le défrichage pour la plantation des palmiers nains : distance au carré de 7 ml.

Mado et Sandrine participent au cours de coupe et couture en utilisant nos apports de la veille

Nous déjeunons le midi chez la maman de Scholastique. Nous sommes contents de rencontrer et saluer tous les membres de cette famille… qui ne mange pas avec nous : c’est la coutume. Un monsieur, prénommé Clément Dis, semble s’être invité, et mange avec nous. A l’issue de ce repas il nous fait goutter de l’alcool de maïs. Yvon s’est senti le devoir de limiter la dose prévue pour Mado et Sandrine. Ce Monsieur Clément Dix est content de nous parler de ses 9 enfants dont il est fier. Il suit des cours de gestion les après midis en plus de son travail de matinée. Quelques heures avant notre départ de Kananga, il nous côtoie beaucoup et fini par demander de « l’aide » à Mado et Sandrine.

En cet après midi, nous nous retrouvons ensemble chez les CARMES pour rassembler nos idées et nos notes pour constituer ce carnet journalier.



-Dimanche 13 décembre 2009

 

Nous participons au grand pèlerinage à MALANDI à 25 kms à l’ouest de Kananga et nous y sommes allés en véhicule alors que la quasi- totalité des pèlerins/randonneurs  font le pied.

Nous, les 17.816 pèlerins, commémorons le 118ème anniversaire de l’arrivée des premiers missionnaires : les SCHEUT en 1891.L’archevêque de Kananga,  Marcel MADILA célèbre la messe rythmée, chantée et parlée en langage TSHILUBA. Lors de son homélie, il évoque des exemples de corruption diverses et rappelle la Doctrine Sociale de l’Eglise. Lors du retour, nous traversons le pont de la rivière LULUA à pied. Nous nous retrouvons avec beaucoup de personnes et nous échangeons des propos d’une manière conviviale. Nous remarquons que une grande longueur de la rambarde est démolie et vu la grande hauteur, cet espace est très dangereux s’il y avait bousculade.

Le Frère ANDRE, qui a voulu « faire le pied » de ces 2 X 25 kms, est très fatigué : il toussera pendant les quelques jours suivants.


-Lundi 14 décembre 2009


Cette dernière matinée passée à l’école St Pierre va être longue. Elle débordera sur le début d’après midi. Il est donc préférable de s’y rendre en véhicule. (rappel de la distance : 3 à 4 kms soit  une petite heure de marche).

Yvon continue le défrichage et constate que le tas de charbon de bois est déjà enlevé. Il rencontre deux autre femmes qui, elles aussi préparent un foyer pour faire du charbon de bois. L’une d’elles est très chargée sur sa tête et Yvon a beaucoup de mal pour l’aider à descendre sa charge de bois. Trois enfants sont présents, donc pas à l’école !!

Le prof de zootechnie et un jeune viennent discuter avec Yvon sur le sujet des deux malheureux porcelets  tout maigriots. Echange très intéressant dans le sens que ce prof est conscient des mauvaises conditions d’élevage . Il prévoit contacter le responsable de l’élevage chez les CARMES pour échanger sur les pratiques d’élevage.

Sandrine et Mado participent à la proclamation des résultats à l’occasion de cette fin de trimestre.

Nous distribuons des photos et des gravures du Mt St Michel pour décorer les classes.

Au cours de cet après midi nous passons beaucoup de temps dans un espace internet.. le temps que…et puis il y a eu un nuage …et puis après, il n’y avait plus de réseau…

Nous sommes contents d’aller chez notre couturière. Séance de défilé de mode  de Mado et Sandrine dans un couloir sombre tout prés du trottoir. Ma foi nous avons tous bien rigolé…Et puis, de retour chez les CARMES : séance photos avec les médecins et la bordelaise prénommée Dominique.


-Mardi 15 décembre 2009


Au cours de cette longue matinée Scholastique nous permet de rencontrer des responsables très intéressants :

Le collège et lycée St Louis.

La Banque Mondiale finance la réfection de toute un bâtiment d’école. Cet ensemble scolaire reçoit mille élèves actuellement. Antérieurement il en recevait cinq milles. Nous constatons que, comme tous les bâtiments de Kananga datant de avant la décolonisation, ces murs ont reçu aucun entretien, aucun coup de peinture.
Nous avons déjà remarqué que tous les jeunes en scolarité, comme ici, sont habillés d’une manière uniforme: Jupe et pantalon bleu marine puis corsage et chemise blanche…et puis, selon un responsable : « débrouillez-vous de votre luxe chez vous ou ailleurs».

L’espace église et noviciat des sœurs Carmélites du Père Jean Pierre MUSANGU qui présidait la messe du 04 décembre dernier. Beaucoup d’enfants de l’école voisine sont très spontanément venus vers nous « les blancs ». Nous  apprécions vraiment ce flot d’enfants tellement heureux de nous rencontrer, nous toucher, échanger quelques propos tellement bienfaisants pour chacun de nous tous.

L’Université Kasaïenne. Les mille jeunes se forment dans les trois secteurs suivants :

        La médecine

        Le droit

        L’informatique

Le quatrième secteur : Architecture et Urbanisme serait prochainement ouvert. A l’issue de leur formation beaucoup de ces jeunes quittent leur pays : « La matière grise s’en va ! » nous dit le responsable de cet établissement… qui nous confie le caractère très dangereux lié au fait de se lancer dans quelque opposition politique.

Au cours du repas chez Scholastique une personne vient nous présenter un diamant.. qui vaut 400 dollars mais veut bien nous le laisser à 300 dollars : on aurait peut-être dû acheter ce faux puis essayer de le revendre 400 !!

 

Le Frère ANDRE nous contacte alors que nous faisons nos valises et nous sommes contents comme toujours de prendre du temps pour l’écouter, échanger sur des considérations de culture, de pensée liées à  ses connaissances et à son expérience de vie enrichissante…le Destin qui est, selon lui, Mouvement Intérieur qui nous pousse à nous dépasser, rencontrer, oser du Non Prévu, du Non Possible….

Mado relève les coordonnées d’un livre sur les sectes au Kasaï. Ce livre est réalisé par un Jésuite qui est éliminé par l’armée car il est trop dérangeant.


L'Institut St Pierre de TUBULUKU : témoignage d'Yvon.

 

Toutes les informations reçues par internet : compte rendus  et photos envoyés par Madame Scholastique  correspondent bien à tout ce que j’ai  vu de mes yeux.

Cet ensemble se situe sur un plateau situé à environ quatre kilomètres de l’aéroport de Kananga et de la Congrégation des CARMES (notre lieu de pension) Un kilomètre après avoir pris une piste de terre appelé par Madame Scholastique « le Boulevard St Pierre »  nous découvrons sur notre droite l’ensemble bâtiment intégré dans tout une surface bien préparée, défrichée et occupée d’abord par des haricots, plus à l’écart de cette piste un champs d’ananas, puis d’arachides et enfin la plantation des palmiers.. Nous continuons cette piste et arrivons au niveau de tous ces bâtiments de l’école que j’ai  reconnus de loin, bien avant d’arriver à côté, vu les différentes photos reçues par internet. Nous découvrons les deux bâtiments, chacun étant constitué des trois classes en service. Dans le prolongement du premier bâtiment, une quatrième classe se termine : un ouvrier maçon réalise le tableau avec du sable très fin. A ces murs et à cette toiture il reste aussi à installer la lumière électrique  appliquer une couche de peinture intérieure et extérieure puis combler de terre le trou qui a été fait pour réaliser les fouilles et la semelle des murs.

 

Le deuxième bâtiment, parallèle à ce premier est séparé par des allées et pelouses très bien tenues. D’ailleurs tous les environs des bâtiments sont très bien tenus. Ce deuxième bâtiment qui est aussi14 un des 2 batiments composé de trois classes en service, attend d’être rallongé d’une salle de classe : Actuellement il arrive que des cours soient donnés dehors. Ce deuxième bâtiment est rallongé en pignon et vers le chemin de terre (la piste) . Un couloir transversal et couvert d’une largeur de environ deux mètres sert parfois de « classe » pour l’activité couture. Ce couloir sert aussi d’accès à deux espaces bureau et stockage, archivage pour la direction.


Les néons éclairent uniquement lorsque le groupe électrogène est en marche bien sûr. Sans cette lumière et par temps nuageux  les classes me semblent plutôt sombres.

Trois autres petits bâtiments sont implantés un peu à l’écart. Ce sont les toilettes, le local pour le groupe électrogène , puis un petit local  réparti en trois cases : deux pour remiser divers outils et un pour élever deux porcelets ,qui ont du mal  et le prof de zootechnie en est bien conscient : il pense revoir les pratiques d’élevage. Je lui ai proposé de contacter le responsable de l’élevage des CARMES avec qui il pourra échanger sur ce sujet. Nous découvrons le mobilier de l’école c’est à dire les chaises et les tables disposées dans les classes ou bien dehors si un cours s’y réalise.


Depuis la piste et aussitôt après le pignon de ce deuxième bâtiment composé des trois classes et l’espace bureau, je découvre toute une aire bien défrichée et occupée par des plans de caféiers, de palmiers et aussi de manioc. Plus on s’éloigne de la piste et au loin des bâtiments, à environ 300mètres, une pente s’amorce pour descendre vers une vallée dans le bas de laquelle passe un ruisseau, une aire est semée de soja. Ensuite, la pente est de plus en plus importante. Des herbes et des arbrisseaux deviennent très grands. Cependant un passage d’homme permet d’accéder à l’espace, où les membres d’une association locale en contact avec la coopération militaire belge ont réalisé un forage de 40 mètres de profondeur. Ils ont installé un système de pompage manuel qui fonctionne très bien. La coopération belge a fourni des outils agraires : houes machettes bêches pelles arosoirs…  Je vous rappelle que 36 hectares de terre sont attribués à l’école. Je reconnais avoir un très mauvais  coup d’œil pour apprécier la surface défrichée et cultivée : j’évalue cette surface à 3 ou 4 hectares. 19 cours de plantation.


Toute cette description montre déjà l’importance du travail accompli à la main par Madame Scholastique, certains profs les élèves avec parfois leurs parents et les artisans de la localité. Je rappelle que c’est un parent d’élève qui a fourni les plants de caféier. Ils ont accompli ce travail avec des houes, des binettes, des bêches et des machettes pour couper les racines des arbrisseaux à arracher. Les travaux de construction et de réalisation du mobilier sont réalisés par des entrepreneurs de la proche localité. Tout ce chantier a permis de l’animation économique et aussi a fait beaucoup parler les gens. Nous avons effectivement constaté, à l’occasion de plusieurs contacts que cette école était très connue et bien venue compte tenu de l’activité formation agricole dans le but d’apprendre à cultiver des denrées alimentaires.


Tous les membres de l’association ABK et des profs de l’école St Pierre souhaitent et aspirent à une progressive autonomie qui passe par celle financière. Je pense sincèrement que cette autonomie passe, entre autres, par l’accélération du défrichage et de la plantation des différentes plantes déjà nommées. Je me demande s'il ne serait pas possible de se mettre en relation avec les belges (?ou qui d'autres)...pour faire défricher cet espace avec  du matériel ( tracteur + rotavator) Il y a bien du gros matériel dans la province Kinshasa !! Il y en a peut-être dans la zone.. et à la mairie?? Tous les trois, nous nous rappelons bien avoir vu passer sur la route près des CARMES le soir des tracteurs John Deer que Sandrine voulait prendre en photos.  Il conviendrait aussi de penser transport et écoulement de ces denrées alimentaires.

 

Mado est certainement mieux placée que nous pour aborder le manque de moyens pédagogiques.


 

Le contact avec les profs et les élèves:  

 

La préoccupation importante et actuelle des profs est la sécurité de toujours recevoir les 50 dollars chaque mois. Notre courrier du 22 octobre 2009 les préoccupent beaucoup. Il convient donc de trouver très rapidement un compromis dans lequel tout un chacun s’y retrouve. J’espère que les contacts en cours entre les parents et Madame Scholastique apporteront solution à cette préoccupation bien légitime. Lors d’un prochain contact des membres du CA de l’asso ABK, ce sujet doit être abordé et une réponse sera préparée et envoyée aux profs par courriel. Je me souviens aussi de deux autres sujets abordés par les profs.

Celui du déplacement vu les distances à parcourir quotidiennement tant par les profs que par les élèves.

Celui, qui est en relation avec ces distances importantes exigeant jusqu’à deux heures de marche le matin et autant le soir : c’est le projet d’un internat.

 

Je reprends les propos de Mado, et pense aussi qu’il serait bon que les profs s’investissent, en plus des cours, dans le défrichage et la culture de plants à commercialiser afin de constituer des recettes  qui serviraient aux besoins de l’école. Cette démarche constituerait aussi une bonne expérience pour eux et un  témoignage pour les élèves sur l’intérêt et les bienfaits de « la force du groupe, qui est toujours plus fort que le plus fort du groupe.


Yvon garde un merveilleux et très émouvant souvenir de ce bon accueil du 04 décembre 2009 bien préparé et réalisé par les profs, les jeunes, et les parents.


Tous ces jeunes aimaient venir très spontanément vers nous. Nous avons participé à des cours qui se sont très bien passés. Nous avons bien travaillé ensemble également, et dans une très bonne humeur, pour défricher et planter des palmiers. Nos appareils photos leur faisaient bien envie et nous les comprenions bien. Ils étaient très heureux d’utiliser nos appareils et aussi d’être pris en photos avec nous. Les discutions sont parfois très animées entre ces jeunes et Yvon qui leur manifestait son complet désaccord au sujet de leur conception des relations entre les hommes et les femmes, entre les garçons et les filles. Ces propos parfois très musclés mais toujours très respectueux de la part des uns et des autres font que dés le lendemain nous étions tous très heureux de nous retrouver et retourner travailler la terre dans la très bonne humeur.09 Sandrine, Mado et Yvon entourés d'élèves.


Tout en travaillant avec les houes et les binettes pour avancer le défrichage, tous ensemble avec les jeunes, les discutions étaient bien agréables et animées. Au cours de ces discutions j’apprends que beaucoup de jeunes mangent que une fois par jour : le soir en rentrant de l’école. Ces jeunes repartent donc le lendemain matin sans manger. Considérant qu’il existe un pôle FAO  (organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture) à Kananga et que le responsable de cet organisme basé à ROME est français depuis peu en la personne de Luc GUILLOT agriculteur de Vendée et ex responsable de la FNSEA (Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricole, je propose de rentrer en relation avec cet organisme afin de faire distribuer à ces élèves et sur le site de l’école une ration quotidienne de repas. 

 
Et maintenant, que pouvons, que devons nous faire, pour continuer à aider, soutenir, à travers cette école, le peuple Congolais, sanas pour autant leur voler leur autonomie, leur Liberté?!...